Le Cameroun en crise : appel à la vigilance, au courage civique et à une transition pacifique
- Pedro Zaraza
- il y a 40 minutes
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Yaoundé, le 1er février 2026
Contact : info@projectcameroon.com
Au peuple camerounais et aux amis de notre chère nation,
Le Cameroun se trouve à un carrefour critique. Depuis les élections nationales du 12 octobre, notre pays est plongé dans un dangereux vide de leadership. La volonté du peuple—exprimée clairement dans les urnes en faveur du changement et du Président élu Issa Tchiroma Bakary—a été ignorée. Au lieu de cela, M. Paul Biya, aujourd’hui âgé de 93 ans et au pouvoir depuis 44 ans, refuse de se retirer, utilisant la force militaire pour défier le mandat du peuple.
Ce n’est pas de la gouvernance ; c’est une crise de légitimité et de l’âme même de la nation. Le pays est à la dérive, dirigé par des mandataires non élus et des intérêts occultes. Le Secrétaire Général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, outrepasse régulièrement ses prérogatives, exerçant le pouvoir à travers les fameuses « hautes instructions », sans rendre de comptes au public. Le Premier Ministre, M. Dion Ngute, continue de se tenir à bonne distance de la gestion quotidienne des affaires de l’État. Le Président du Sénat est absent de la vie publique. Le Président de l’Assemblée nationale est largement considéré comme incapable d’assumer ses responsabilités. La Présidence du Conseil économique et social est vacante suite au décès de M. Ayang Luc. Le Cameroun est aujourd’hui une nation sans pilote.
Les récents développements à l’Autorité Portuaire de Douala ont révélé l’ampleur de notre crise. L’affrontement ouvert entre les camps fidèles au Secrétaire Général et au Premier Ministre pour le contrôle des contrats portuaires vitaux a paralysé l’une des principales voies économiques du Cameroun. Plus inquiétant encore, l’implication du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) dans ce conflit purement civil crée un précédent dangereux : l’intervention militaire dans des différends politiques. Nous condamnons catégoriquement cet abus de pouvoir et appelons tous les Camerounais à rester vigilants et à rejeter toute tentative de banaliser de telles violations.
Aux Forces Armées : Votre loyauté va à la nation et à sa constitution—pas à un individu ou à un clan. Vous devez rejeter tout ordre illégal qui diviserait notre armée et trahirait votre serment de protéger le peuple camerounais.
Au Peuple Camerounais : Les jours à venir seront à la fois délicats et décisifs. Nous ne devons pas permettre à notre pays de sombrer dans le chaos, la violence ou la destruction. L’emprise illégitime de M. Biya sur le pouvoir et son incapacité manifeste à gouverner nous ont menés au bord du gouffre. Mais nous, le peuple, devons rester fermes dans notre engagement pour la paix, l’unité et l’ordre constitutionnel.
Project C appelle à une transition pacifique, légale et transparente du pouvoir, qui respecte la volonté du peuple camerounais. Nous rejetons toute suggestion de régime militaire ou de recours à la force pour résoudre les différends politiques. Nous insistons pour que les voix et les votes des Camerounais soient respectés, et que la transition vers une nouvelle direction se fasse dans le respect de la loi.
C’est un moment de clarté morale et de courage civique. Nous exhortons chaque Camerounais à rester uni, vigilant et pacifique. Dénoncez les abus, soutenez-vous les uns les autres, et exigez que nos droits démocratiques soient respectés. Notre avenir dépend de notre détermination et de notre unité.
Montrons ensemble que le destin du Cameroun ne sera pas décidé par la force ou la peur, mais par le courage et la détermination de son peuple.
L’équipe de communication de Project C